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Bétika : “Je ne veux accuser personne” - 11 Mars 2008
De folles et fortes rumeurs ont donné Bétika pour morte. Une information qui l'a plus ou moins perturbée. Remise de ces émotions, la chanteuse nous a reçu à son domicile sis à Angré. En nous accordant une interview dans laquelle elle rassure ses fans et fait des révélations sur sa maladie. Une causerie-témoignage à lire.
Nous n'avons pas fini de pleurer Joelle C qu'une rumeur fait état de ton décès. Quel commentaire
en fais-tu ?
J'avoue moi-même, ne rien comprendre par rapport à tout ce qui se passe. Et je ne sais pas non plus qui est à la base de ces rumeurs. Tout a commencé après le décès de Joelle. Les gens m'ont vue à la télévision en pleine forme, mais je ne sais d'où est partie la rumeur qui stipule que Betika est gravement malade. Et j'ai reçu beaucoup d'appels téléphoniques concernant cette affaire macabre. C'est de cette façon que j'ai été informée. Certains de mes proches ont démenti. Après, il y a eu des prophéties. Des gens m'appellent pour me dire qu'un esprit de mort plane sur moi.
Ce sont des hommes de Dieu qui t'annonçaient ce genre de prophétie ?
Ces personnes se sont présentées comme des hommes de Dieu. Ils m’ont demandé de faire attention parce que ma vie serait en danger. Il a été dit qu'après le décès de Joelle C, ce serait moi.
As-tu pris peur?
Je devrais passer les voir pour qu'ils prient pour …
S'il te plaît, réponds à la question relative à la frayeur ?
Hum (elle réfléchit), bon pas trop. Non, ce n'est pas une peur au point d’avoir l'insomnie. Mais ça m’a tout de même choquée. Heureusement qu'il y a des gens avec qui je prie qui sont là pour me remonter le moral. Certes, nous avons mis notre confiance en Dieu, mais comme nous sommes des êtres humains, il nous arrive de trembler quelquefois. Il est vrai que cette rumeur me perturbe un peu. Mais je me remets aussi vite. Là où les gens pensent que je suis très affectée, je m'arrange toujours pour remonter la pente.
On sait que tu as été très malade. Aujourd'hui, penses-tu que tu t'es véritablement remise du mal qui t'a rongée ?
Bêh oui. Toi-même, tu le constates (rires). Tu es content de me voir très en forme et radieuse. Et puis ce mal, ce sont des choses qui arrivent dans la vie d'un homme. Si tu veux, ce sont des épreuves de la vie. C'est maintenant passé, il y a sept mois.
Dis-nous, de quoi souffrais-tu ?
Je l'ai déjà dit. J'avais un mal pernicieux au niveau des os. D'abord, je ne veux accuser personne. J'avais des problèmes cardiaques depuis mon enfance. Pour cela, on ne voulait pas que je chante. Il eut un moment où je ne faisais plus les épreuves physiques du fait que j'avais toujours des douleurs au niveau du cœur. C'est la première fois que je parle de ces choses dans la presse. Mais comme les gens me fatiguent, je suis obligée d'en parler. Pour ce mal, j'ai dû être obligée d'aller voir un cardiologue. Je l'avais fait avant d'aller au Burkina Faso où s'est déroulé le Kundé. Je suis donc allée dans une clinique dont je voudrais taire le nom pour ne pas frustrer certaines personnes. Là, après des analyses, les médecins avaient promis de me suivre.
Ton cœur était-il affecté ?
Non, mon cœur n'était pas affecté. Seulement, j'avais une petite appréhension. L'assurance des médecins m'a remis en confiance et ils m'ont prescrit des médicaments. Pour ce faire, j'avais aussi un régime alimentaire spécial. Je devrais arrêter de manger des aliments salés. Du fait que je suis très sensible, j'ai commencé à paniquer. J'ai ameuté tout le monde chez moi. Je suis responsable de ce qui est arrivé. C'est moi qui ai mal pris mes médicaments. je suis fautive. Je devrais morceler les comprimés en quatre avant la prise. Chose que je n'ai pas faite. Un comprimé, c’était pour quatre jours. Moi, je prenais un par jour. Imagine. La dose était trop forte. Et j'avais commencé à avoir des vertiges. Ce jour-là, j'avais une émission avec Serges José Amessan. Je me suis confiée à lui. Tel que je prenais les médicaments, j'étais en train de m'empoissonner. A la veille de mon voyage pour le Burkina, j'ai passé la nuit la plus trouble de ma vie. J'ai dû quitter Abidjan pour me rendre à Bassam. J'avais du mal à conduire et j'ai fait appel à un de mes frères qui m'a rejoint au niveau de Treichville pour m’emmener à Bassam. J'avais mal partout.
Parce que tu étais en train de t'empoissonner ?
Voilà, je continuais de m'empoissonner avec la forte dose de médicaments. Les gens avaient commencé à faire des spéculations sur le mal. La panique grandissait. On m'avait même recommandé à un vieillard pour me traiter. Ce dernier devrait m'amener au bord de la mer pour guérir mon mal. Et comme ça tombait sur un week-end, je lui ai dit que je me rendais au Burkina pour ne revenir que le lundi. Et c'est en principe ce jour que débutait le traitement.
Tu as donc commencé à te faire traiter par ce guérisseur ?
Non, je ne l'ai pas fait. Dieu est merveilleux. Je ne doute pas des qualités du vieux, mais ce n'était pas la voie à emprunter.
Ton mal était alors mystique ?
Je n'en sais rien et je ne veux accuser personne. Mais j'ai toujours demandé à Dieu de combattre les ennemis pour moi.
Quand tu dis que vous mourrez comme des poulets. A quoi fais-tu allusion ?
(Rires) Tu sais, quand des situations difficiles se présentent, tu ne sais vraiment plus où mettre la tête. Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. C'est choquant et difficile à supporter à tel point qu'on avance des mots sans faire attention.
Le lapsus est souvent révélateur des choses qui sont dans le subconscient ?
C'est peut-être vrai…
Ta maladie était mystique. Pourquoi tu ne l'avoues pas ?
Franchement, je ne pus te dire que mon mal était mystique.
A ce jour, tu n'as pas eu de révélations sur cette maladie ?
Non, je ne suis pas prête pour parler de ces choses…
Pourquoi ce mystère ?
Je ne veux pas en parler, c'est tout.
Tu as eu des attaques, n'est-ce pas ?
Pour moi, tout ça, c'est le passé…
S'il te plaît, réponds à la question.
(Rires) Non…
Sûr !
Oh. ça ne vaut pas la peine. Laisse tomber. Le plus important, c'est que je me porte bien aujourd'hui.
Y'a-t-il des gens que tu veux couvrir ?
Couvrir qui ?
Peut-être que tu as peur de tes ennemis ?
Je n'ai pas peur d'eux. Au contraire, je prie pour eux. Et puis, ne me fais pas dire des choses auxquelles je ne pense pas. Les ennemis ne sont pas seulement dans le milieu artistique. Ils peuvent venir de partout.
Quand on traverse des épreuves que tu as connues, on est peut-être tenté de faire des révélations ou de rendre témoignage ?
Je ne ferais pas de révélations, encore moins un témoignage, mais je demanderais à mes fans de prier pour moi. Ce que je voudrais dire, c'est d'éviter de mettre son ennemi à son niveau. Je ne veux pas revenir sur ce que j'ai vécue.
C'était effroyable alors ?
Laisse tomber. Je ne reviendrai pas sur ça. (Rires)
Je compatis
Pourquoi veux-tu que je dise ce que j'ai vécu ? C'est du passé. Je ferais ce témoignage à l'Eglise devant le peuple de Dieu.
Tiens, le peuple de Dieu te suit aussi à travers Prestige Mag ?
Ce n'est pas faux, mais je voudrais que cela se déroule dans un cadre adéquat. L'heure n'est pas encore venue de faire des témoignages. Je vais à mon rythme.
Il nous revient de façon récurrente que ton succès est dû au fait que tu aurais lié un pacte avec le diable. Commentaire.
(Elle rigole). Je suis dépassée. Dans ce pays, chacun dit ce qu'il veut. Moi, je ne fais pas de maraboutage. Ce succès-là, c'est Dieu qui me l'a donné. Je fais la publicité de Dieu. Je suis sereine, et je le dis haut et fort. J'ai prié Dieu pour que mon album “Fakalo” connaisse le succès qu'il a. Je rendrais le témoignage.
Donne-nous l'exclusivité.
J'ai demandé peu à Dieu et il m'a donné gros. Voilà ce qui s'est passé.
Allons y pour le témoignage.
Ok. Ça, c'est pour le Seigneur. je le fais pour glorifier son nom. Je n'étais pas réellement convertie quand Dieu a accompli cette grâce dans ma vie. Je partais à la messe comme tout le monde de temps à autre. Au cours d'une prière, j'ai formulé le vœu d'avoir un producteur. J'ai alors dit au seigneur que s'il me donnait un producteur, je chanterais son nom dans mon album. C'est là que j'ai été inspirée pour composer le titre “Merci Jésus”. Nous étions dans le mois de jeûne quand je composais cette chanson. Gina, ma sœur, qui est en ce moment à Paris, pourra confirmer ce que je dis. Je précise que je n'ai pas fait les 40 jours de jeûne. J'en ai fait que 10. Vers la fin du temps de carême, Désiré M'bra m'appelle pour m'annoncer qu'un monsieur nommé Alley qu'il connaît bien, voudrait bien me produire. J'avais déjà réalisé ma maquette que j'avais soumise à Constant de Showbiz. Le temps d'appréciation chez Showbiz, je rencontre M. Alley qui me présente à sa femme en lui indiquant qu'il voudrait me produire. Il a donc écouté ma maquette, mais au fond de moi, je ne voulais pas qu'il soit mon producteur. Je voulais que la maison Showbiz le fasse. Dieu avait son plan pour moi. Et quand M. Alley a écouté la maquette, il était plus déterminé à produire l'œuvre. Il était convaincu que l'album allait connaître un succès. Je lui ai dit que j'avais déjà rencontré Showbiz qui était en train d'étudier le dossier. S'il désistait, j'irais lui confier la production. Il n'a rien trouvé à redire. L'attente était longue et chaque fois, il me relançait pour avoir ma décision. Moi aussi, je commençais à m'impatienter au niveau de Showbiz. Pas qu'il ne voulait pas me produire, mais il y avait d'autres artistes avant moi. C'est ainsi que j'ai pris un rendez-vous ferme avec M. Alley pour finaliser les choses. C’était l'homme que Dieu avait mis sur ma route. Il a mis tout à ma disposition, voiture et argent… Voilà comment nous avons signé le contrat de production. Il a fait appel à Olivier Blé pour l'arrangement. A mon tour, je lui ai proposé de travailler aussi avec N'Toumba, le bassiste du zo gang. Il n'a pas trouvé d'inconvénient à ce que les deux arrangeurs travaillent sur l'œuvre. N'Toumba a donc choisi de bosser sur les titres phares de la maquette (fakalo, ma rivale, misié pardon). Olivier devrait, lui, bosser sur les titres moins en vue. Il faut rappeler que c'est N'Toumba qui avait arrangé “Ah les hommes”. Il m'a aidée à sortir de l'ombre. N'Toumba est retourné à Paris avec l'œuvre pour peaufiner les arrangements. Pendant ce temps, je travaillais sur les autres titres avec Olivier Blé. Au finish, nous nous sommes rendus compte que Olivier Blé a fait un travail remarquable, pas que celui de N'Toumba n'était pas bon, mais celui d'Oliver était super. Je ne voudrais pas que les gens interprètent mal mes propos. J'explique le plan de Dieu. Le travail de N'Toumba était à reprendre alors que mon producteur avait déjà investi beaucoup d'argent. J'ai eu peur qu'il réagisse mal parce que c'est moi qui lui ai proposé de travailler avec N'Toumba. Il n'a rien dit. Tout ça, c'est l'œuvre de Dieu. Jusque là, je ne comprenais pas que c'était le plan de Dieu qui était en train de s'accomplir. Olivier a accepté de reprendre les chansons de N'Toumba. Au lieu de 10 titres, le producteur a souhaité que je fasse 12 titres. Pour atteindre les 12, il me fallait composer 1 titre en plus du remix. Il faut dire que dans les 10 titres sélectionnés, il n y avait pas “Merci Jésus”. En clair, j'avais oublié la promesse que j'avais faite au seigneur. J'ai compris que si je ne respectais pas mon engagement pris devant Dieu, mon album ne verrait pas le jour. Au studio, Olivier m'a demandé de donner une chanson. Et moi, comme d'ordinaire, j'ai entonné les mêmes airs et les thèmes d'amour. Alors, il a trouvé que ça ne marchait pas. Il a refusé plusieurs chansons et quand j'ai entonné “Merci Jésus”, il a tiqué et il a trouvé que c'était le titre qu'il fallait pour boucler l'album. Voici comment tout est parti. Dieu a participé à la réalisation de cette œuvre. C'est cela la vérité et ça n'a rien à voir avec le maraboutage. Pour avoir gagné ce pari, j'exhorte les uns et les autres à se confier véritablement à Dieu.
Par Ange T. Blaise
Source: Prestige Magazine
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