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DAVID HINDS, LEAD VOCAL DE STEEL PULSE

DAVID HINDS, LEAD VOCAL DE STEEL PULSE
Big up Abidjan !
Invités par la structure One Way Productions pour une série de shows à Abidjan, les Steel Pulse, (célèbre groupe londonien de reggae) ont régalé les mélomanes ivoiriens de la bonne musique de Jah. Mais avant leur retour, David Hinds, le lead vocal du groupe s’est entretenu en exclusivité avec Top Visages.

05/11/2007 - • Comment vous sentez-vous après ce show au Palais de la Culture ?
- Oh, well ! Je suis très satisfait de la communion avec le public. Les spectateurs sont venus très nombreux. Et nous avons fait le show. Blancs comme Noirs ont dansé ensemble. Nous avons dansé sous la pluie. Pour moi, c’était le vrai show. C’était super ! Je dis big up Abidjan ! Le public a été vraiment super et très sympa.

• Qu’est-ce que ça te fait d’être à Abidjan de nouveau ?
- Je suis très heureux d’être ici en Côte d’Ivoire. Ça a été toujours une fierté pour moi de me retrouver sous un ciel africain. J’aime beaucoup la Côte d’Ivoire.

• Finalement, cela fait combien de fois que tu viens à Abidjan ?
- C’est la troisième fois maintenant que je me retrouve en terre ivoirienne. La première fois remonte à 1998. Mon second voyage ici date de 2002 et me voici à Abidjan pour la troisième fois. Je suis ici à la faveur d’une tournée ouest-africaine qui nous a conduits dans six pays dont le Ghana, Togo, Sénégal et maintenant la Côte d’Ivoire.

• Y a-t-il quelque chose qui t’accroche particulièrement quand tu viens en Afrique ?
- Pour moi, le fait de venir simplement en Afrique est toujours une source de fierté. Que ce soit en Afrique francophone ou anglophone, la langue n’a jamais été une barrière pour ma venue dans ce continent. Et puis, la musique que nous composons, c’est en partie pour les gens de ce continent. Car nous nous sentons proches d’eux. Ils sont, de toute façon, nos frères et sœurs, Malgré tout ce qui nous sépare comme distance, nous vibrons par les mêmes fibres.

• T’arrive-t-il de penser souvent à t’installer dans un pays africain ?
- Bien sûr ! Il m’est arrivé sincèrement de vouloir m’installer dans chaque pays africain que j’ai eu l’occasion de visiter. Et c’est ça mon embarras. Quand je suis à Abidjan, je pense souvent à rester ici. Mais une fois que je mets les pieds au Ghana, je n’ai plus qu’une seule envie : m’installer soit à Accra ou à Kumasi. Il suffit que je sois au Sénégal, pour que mon cœur ne batte plus que pour Dakar ou l’île de Gorée. Chaque fois que je suis en Afrique, c’est comme ça. Mon cœur balance entre toutes les villes que je visite. Cela démontre à quel point, je me sens à l’aise partout ici. J’aime tous les coins et recoins de l’Afrique. Si j’étais riche, j’allais vivre dans tous ces pays que je visite (rires).

• Mais tu ne vas quand même pas me dire que tu n’es pas riche ?
- Je ne suis pas aussi riche que tu le penses. La musique que nous faisons, ne génère pas beaucoup de bénéfices. Nous sommes un groupe de musiciens et non des individualités artistiques. Il est bien vrai que nous parcourons le monde à travers la musique. Mais cela ne fait pas de nous, des musiciens fortunés. N’oublie pas que nous sommes des faiseurs de musique reggae. Nous ne générons pas assez de ressources financières. Tu en as vu, toi, des groupes comme nous qui sont fortunés ? Je n’en ai pas encore vu. Je n’ai pas dit ailleurs, Je précise bien, venant de l’Angleterre, je n’ai pas encore vu de groupes de reggae fortunés en la matière.

• Tu te rappelles l’année de sortie du premier disque des Steel Pulse ?
- Bien sûr ! C’est en 1977 que nous avons fait notre première rencontre avec Burning Spear. Et puis, un an plus tard (1978), nous avons signé avec Island Record pour la sortie de Ku Klux Klan issue de l’album Handsworth Révolution. Le mois de Juillet de la même année, nous avons tourné avec Bob Marley et les Wailers en Europe. Nous avions fait successivement la France, la Hollande, l’Angleterre. En 1980, nous avons enregistré un autre album Tribute to the martyrs Un an plus tard, nous avons sorti notre troisième disque aux Etats-Unis. C’était Caught you… En 1983, nous avons été sollicités pour animer la campagne présidentielle de Bill Clinton.

• Et à quand remonte ta première tournée en Afrique ?
- Cela remonte à Mai 1982. Nous avons foulé pour la première fois le sol nigérian. Précisément dans la ville de Lagos.

• Et quelle a été ta première impression à ce moment là ?
- C’était comme si je revenais à la maison.
Mais entre 1982 et 1997, nous ne sommes pas venus en Afrique. Ce n’est qu’en 1998 que nous sommes venus en Côte d’Ivoire. Et c’est la troisième fois que sommes dans ce pays.

• Comment fais-tu pour avoir cette voix spéciale qui te distingue des autres chanteurs et reggaemen londoniens et jamaïcains ?
- (Il se racle la gorge) Tu sais, certains artistes ont commencé à développer très tôt leur timbre vocal… Conscients qu’ils ont quelque chose de spécial dans leur voix. Des chanteurs comme Bob Marley, Burning Spear etc., et des groupes tels que Third World, Gladiators… ont misé sur le potentiel vocal de leurs leaders. C’est le cas des Steel Pulse avec David Hinds. Mais il n’y a pas que ça. Les arrangements musicaux ont permis à ces leads vocaux et à ces formations musicales de se distinguer les uns des autres.

•Tel que toi avec tes dreads
- (Rires) … Oh ! Yeah ! C’est la magie noire. Tu n’en as jamais entendu parler ? Ça, c’est de la magie noire.

• Mais comment entretiens-tu ces cheveux ?
- O. K ! Mes cheveux sont naturels. Et je les garde toujours tels qu’ils sont. Je les laisse pousser et je les lave toujours pour qu’ils prennent de la longueur et du volume. Je les lave avec du savon naturel. Mais il faut que tu saches qu’il y a beaucoup de styles de coiffures en matière de dreads. En Jamaïque, il y a des dreads de tous les styles et de toutes catégories. Il y en a comme les miens. Mais il y a également de très étranges looks qui peuvent effrayer (Il éclate de rires). Mais Babylon n’aime pas les dreads et n’aime pas voir les gens arborer cette coiffure.

• Et depuis combien de temps portes-tu cette coiffure ?
- Ooh ! Je porte ces dreads depuis que j’ai fait mes débuts dans la musique. Cela fait une bonne trentaine d’années que je porte cette coiffure.

• Passons à ta famille. Combien de frères et sœurs as-tu ?
- J’ai trois frères et trois sœurs. Je suis né en Jamaïque ainsi que tous mes frères. Mes sœurs sont nées en Angleterre dans les années 60. Mes frères travaillent en Angleterre.

• Ton père a-t-il accepté facilement que tu fasses la musique ?
- Mon père fait partie de ces géniteurs qui auraient voulu voir leur fils devenir docteur. Mais moi, je n’ai pas entendu les choses de cette oreille. Quand j’ai décidé de faire de la musique, il n’a pas bien pris les
choses.

• Et quand tu lui as présenté le premier album du groupe ?
- Sa réaction a été négative. Mais chaque fois, lorsqu’il allumait la télé, les gens parlaient souvent de nous et on nous y voyait. Cela a fini par le convaincre. Et il m’a laissé continuer la musique.

• A part la musique, quels sont tes passe-temps favoris ?
- J’aime la lecture.

• Quels genres de bouquins aimes-tu lire ?
- J’aime lire, en général, les bouquins sur la condition de vie des Noirs, la culture noire, l’évolution de la conscience noire dans la diaspora, les grandes luttes pour la cause des peuples noirs ou sur l’unité africaine de Kwame NKrumah ou tout ce qui a trait à la cause des Noirs dans la société.

• Tu vas à l’église ?
- Non. Je ne vais pas à l’église.

• Et pourquoi ?
- Parce que l’église s’est imposée à moi. Mais je ne vais pas en tant que tel à l’église. Pour moi, l’église a été un facteur de déstabilisation. Ce qui fait que j’ai du mal à croire en l’église. Je pense que toutes les églises dans leur ensemble, ont cette capacité de rendre les gens esclaves ou dépendants de leurs doctrines.

• Tu vas souvent te distraire au cinéma ?
- Pas souvent. Mais je me rappelle le dernier film que j’ai vu au cinéma.

• Quel est le ce film ?
- Well ! quel était le titre de ce film ?… voyons… (Il cherche) oh!…Black…Blood Diamond. Il y a ce jeune acteur qui a joué dans ce film. Il s’appelle Léonardo DiCaprio. Il a joué avec un acteur africain.

• Djimon Hounsou ?
- That’s true ! (C’est vrai).Il vient de quel pays, cet acteur ?

• Il est originaire du Bénin. Tu connais ce pays ?
- J’ai entendu parler de ce pays : Bénin…

• David est-il marié ?
- Non. Je ne suis pas marié. Maintenant, j’ai épousé la musique. Je ne fais plus que ça.

• Mais tu as des enfants quand même ?
- J’ai cinq enfants

• As-tu des projets pour l’Afrique ?
- Moi, j’ai à cœur d’aider certaines populations de l’Afrique. Par exemple, faire des dons en matériels sanitaires comme des moustiquaires imprégnées, etc. Nous pouvons faire des concerts à but humanitaire pour venir en aide à des pays comme la Côte d’Ivoire, la Zambie, le Sénégal, la Sierra Leone, la Guinée (Conakry), la Guinée Bissau etc. Mais tout cela dépendra de ceux qui nous invitent à le faire. On peut définir clairement les clauses de ces représentations. Pour que cela profite aux populations nécessiteuses.

• A quand le prochain voyage à Abidjan ?
- Je ne sais pas pour le moment. Mais je suis toujours prêt à revenir à Abidjan si l’on invite les Steel Pulse. Et je dis big up Abidjan ! Big up Top Visages ! Je ne vous oublierai jamais. Vous êtes là dans mon cœur. Merci beaucoup !

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