Publicité

DAVID MONSOH, PRODUCTEUR DE DOUK’SAGA - “Olomidé et moi, c’est fini !” - 5 novembre 2006


David Monsoh, voilà un nom qui fait autorité en matière de musique ivoirienne, en Europe. Le dernier coup d’éclat de ce producteur, c’est Fally Ipupa, un artiste congolais dont on dit le plus grand bien. Arrivé à Abidjan, à l’occasion des obsèques de Douk’Saga, David Monsoh revient sur ses rapports avec Douk’Saga, ses différends avec Koffi Olomidé…

De nouveau au pays ?
- Je suis venu rapidement pour les obsèques de « mon fils » Douk’Saga. « Papa Monsoh », c’est comme ça qu’il m’appelait affectueusement…

• C’est aussi toi son producteur…
- Oui, jai produit ses deux albums, le premier et le deuxième. Tous ses clips ont été faits par moi.

• Comment es-tu devenu son producteur ?
- J’étais en boîte une nuit, à Paris, avec une personnalité de la place et j’ai vu Douk’Saga avec ses amis Lino Versace, Borosangui…arriver. En fait, tous les dimanches, à Paris, ils faisaient une soirée ivoirienne. Les vendredis et les samedis tout le monde fait son petit boulot pour se débrouiller, alors c’est le dimanche qu’ils se retrouvaient en boîte. Moi qui m’occupe de musique ivoirienne, j’ai vu Douk’Saga et ses amis se trémousser sur de nouveaux pas de danse…


- Je regardais particulièrement Douk’Saga et j’ai remarqué qu’il dansait bien. En plus, il était très élégant avec ses costards, ses chemises près du corps, ses bodies…Je me suis dit que ce truc qu’il faisait là, si on le mettait en musique, ça allait être quelque chose de bien pour la Côte d’Ivoire. Vu qu’il dansait sur fond musical congolais, avec les atalaku et tout.

• Alors ?
- J’ai eu l’idée de le mettre en studio. Quand je les ai approchés pour leur en parler, Douk’Saga et ses copains ne voulaient pas. Ils m’ont dit qu’ils ne voulaient pas entrer dans ça parce qu’ils n’étaient pas chanteurs. Douk’Saga, surtout, ne voulait vraiment pas. Alors j’ai dit à Lino Versace : « pardon, arrange-toi, dis à Douk’Saga de venir me voir. Je vais faire un truc pour lui, et il va rentrer en fanfare à Abidjan ». Douk Saga a fini par accepter.


- Le premier jour de l’enregistrement, j’étais avec David Tayorault Nous sommes arrivés au studio vers 10 heures. Douk’Saga et ses copains sont arrivés au studio vers 20 heures. C’est-à-dire qu’on avait perdu toute une journée. Quand ils sont arrivés, la musique était déjà faite. Soum Bill, Dezy Champion, Petit Denis…sont venus lui donner un coup de main. Lui, il n’a eu qu’à placer quelques mots. Le single est sorti avec un clip… En Douk’Saga, j’ai trouvé quelqu’un de très intelligent. Artistiquement, c’était un grand. Un très bon acteur, même s’il n’était pas un grand chanteur.

• Que vont devenir ses albums maintenant qu’il n’est plus ?
- On va essayer de les rééditer. C’est CID qui a sorti le deuxième album alors c’est eux qui ont l’autorisation de le ressortir. Le premier album de Douk’Saga est sorti chez Showbiz. On va essayer de les ressortir et les droits seront reversés à son fils, puisqu’il a un fils. D’ailleurs, je suis en contact avec la maman. …
- S’il y a une demande, on va les ressortir. Mais pour l’instant, je n’ai pas reçu de demande. On avait arrêté de presser les albums de Douk’Saga avant sa mort. Tu sais avec le mouvement coupé- décalé, c’est comme ça. Ça marche un moment et puis ça s’arrête. Mais si je repars en France, je vais voir ce que je peux faire. S’il y a une demande, on ressortira ces albums. Mais pour l’instant, j’attends de voir.

• Autre chose, l’un de tes artistes, Fally Ipupa, est la cause d’une discorde entre Koffi Olomidé et toi …
- Concernant Fally Ipupa, on peut tout dire mais… (Il marque une pause). Tu sais, Fally était dans un groupe qui s’appelait « Talent latent », produit par Syllart Production. Leur album s’est retrouvé dans la maison de production où je travaillais. J’ai trouvé que le chanteur du groupe, Fally Ipupa, était très fort. J’en ai parlé à Koffi Olomidé. Je lui ai même remis le CD du groupe. Indirectement, c’est moi qui ai présenté Fally à Koffi. Et quand Koffi est allé en vacances au Congo, il l’a recruté. A son retour en France, il est venu avec lui dans son bureau. Moi j’ai dit ceci à Fally : « Apprends bien avec ton grand frère. Je te produirai plus tard ».


- Fally m’a appelé une fois du Congo, quand j’étais en vacances à Miami. Il a eu mon numéro par le biais de mon petit frère. Il m’a dit qu’il voulait absolument que je produise son album.

• Oui, mais tu savais qu’il était déjà sous contrat avec Koffi Olomidé…
- Sous contrat avec Koffi ? Il n’y avait pas de contrat en tant que tel. C’était plutôt un contrat moral, de grand frère à petit frère. Il n’y avait rien d’écrit entre eux. Moi, j’ai produit son album sans arrière-pensée. En fait, il ne faut pas faire les choses en voulant faire du mal à quelqu’un. Parce que quand tu cherches à faire du mal, ça ne marche jamais.


- Moi, je fais du business. Je ne suis pas là pour produire les artistes pour perdre de l’argent. Ça ne m’intéresse pas. Fally est un très bon chanteur, un très bon musicien, un très bon danseur. Moi, j’ai décidé de le produire. Et je l’ai fait sans arrière-pensée quand il est venu me le demander.

• Où en est le différend entre vous ?
- Il n’y a pas eu de différend. Koffi Olomidé, c’est quelqu’un qui a eu très peur et qui a fui ses responsabilités. Moi, je n’ai rien dit sur ce sujet parce qu’il ne m’intéresse pas. Moi je suis producteur de musique. Je ne sais pas faire autre chose, parce que je n’ai pas le niveau pour.

• Il a fuit ses responsabilités…
- Oui, il a fui ses responsabilités. Je ne veux pas entrer dans les débats et parler de Koffi Olomidé. Ce serait lui faire de la promotion. Moi, en ce moment, ma star, c’est Fally Ipupa.


- J’ai fait le deuil de Koffi Olomidé (le ton se veut très ferme). Donc pour moi, Koffi Olomidé, ça n’existe plus. Alors faire une interview où on va parler de lui, ça ne m’intéresse pas.

• Pour revenir à Fally Ipupa, il vient quand à Abidjan ?
- Normalement au mois de février 2007. Fally va donner son premier concert à Abidjan le jour de la Saint Valentin.

• Il nous revient aussi que Mirage Supersonic un autre protégé de Olomidé est aussi sous contrat avec toi…
- Quand on m’a appelé d’Abidjan pour me dire que Mirage avait un gros succès ici, je me suis renseigné et j’ai demandé qu’on me l’emmène. Il est venu me voir au bureau. Et ce jour-là, Arafat était en studio. Je lui ai dit de faire un duo avec Mirage. Mais j’avoue que sa prestation ne m’a rien dit. Je suis venu à Abidjan, j’ai écouté la fameuse chanson qui marche tant ici. Ça ne m’a rien dit non plus. Mais comme Mirage est apprécié ici, je vais peut-être le faire venir ici pour qu’il joue en première partie du concert de Fally Ipupa, en février 2007. Et après on verra.

• Tu as l’intention malgré tout de le produire ?
- Si, mais pour l’instant les maquettes qu’il m’envoie ne m’ont pas encore convaincu…J’attend qu’il me fasse de bons titres ensuite on verra plus tard. Sinon, lui, son rêve c’est de se faire produire par moi. Mais pour l’instant, tout ce qu’il a fait ne me dit rien. On ne le connaît même pas dans son propre pays, en RDC. C’est seulement ici qu’on le connaît.

Source : Top visages
Other News

 

Publicité
Réalisation Original Informatique   |   Conditions d'utilisation   |   © Paradise FM