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Garba 50
Groupe de deux jeunes rappeurs ivoiriens, " Garba 50 " a su imposer son nom dans la sphère musicale ivoirienne avec " Y en a pour les oreilles ", son premier album. Ils comptent mettre sur le marché dans les jours qui viennent leur second opus. Dans cet entretien, ils en parlent et jugent l'évolution de la musique ivoirienne.
C'est vrai que vous sortez dans quelques jours un nouvel album… ?
Oui ! Mais en fait, c'est une mixtape, un échauffement. C'est même son titre : "Echauffement volume 1". Il comporte 17 titres. Le but d'une mixtape, c'est de préparer les esprits à la sortie d'un album et de permettre de garder le contact avec le public… On revient également sur la scène pour faire taire une certaine rumeur qui nous attribue un " truc " qui est déjà sur le marché. Non ! C'est maintenant qu'arrive Garba 50.
Quel est l'esprit de cette mixtape?
C'est un esprit plus rue, plus intime, plus cru. Ce n'est plus les lamentations de " Y en a pour les oreilles ". Ici, c'est une incitation au travail, une incitation à refuser la situation de misère qu'on nous offre. Tous les jeunes veulent mieux vivre, mais encore faut-il qu'ils acceptent de se mettre réellement au travail. C'est cela !... Et sur cet album, il y a une évolution au niveau de l'écriture, du rythme des voix. Cet " Echauffement " nous donne de voir quelle orientation donner à notre véritable album dont la sortie est prévue pour janvier 2008.
Vous avez une idée de ce que sera ce second album ?
Oui ! Son titre est " La Côte d'Ivoire d'aujourd'hui ". Ça va être une photographie de ce qu'est la Côte d'Ivoire aujourd'hui. Et ce sera un autre message révolutionnaire. On n'en dira pas plus…
Un an après la sortie de votre premier album, est-ce qu'on peut dire que ça va pour Garba 50 ? Quel bilan faîtes-vous de ce grand succès ?
Ça ne va pas encore, mais ça commence à aller… en fait, le "ça va aller " était une incitation au travail afin que notre situation s'améliore, nous-mêmes, et bien au-delà, tous les jeunes à qui on s'adresse… Le chemin est encore long. Sinon, le bilan est largement positif. Nous avons largement dépassé nos objectifs de départ. Nous avons pu mettre en place notre label " Le fumoir " qui dorénavant va supporter nos productions. Pour nous, le plus dur commence maintenant, parce qu'il faudra à présent assumer cette indépendance-là et pouvoir en vivre.
Comment entrevoyez-vous la suite de votre carrière musicale ?
Nous sommes dans de conditions de travail qui ne sont plus les mêmes que lorsque nous sortions notre premier album. Garba 50 est reconnu… Aujourd'hui, Garba 50 a un nom que tout le monde a retenu. Et ça nous donne plus de chance et de responsabilité dans l'évolution de musique.
Comment doit-on définir Garba 50 ?
C'est la réalité. Il n'y a pas plus réel que le garba dans la vie urbaine des Ivoiriens. Toutes les générations se retrouvent dans le garba.
Que pense Garba 50 de la musique ivoirienne en général ?
A quelques exceptions près, on constate avec tristesse que c'est un vaste bordel. C'est la réalité. Parce que dans notre pays, malheureusement, on ne célèbre que la médiocrité. On veut nous imposer un genre musical qui participe uniquement à la distraction, à l'abrutissement et à la dépravation de la jeunesse ivoirienne. On nous rétorquera que ça ''enjaille''. Mais la réalité qu'on cache aux jeunes est que nous sommes dans un pays où des disparités énormes existent, un pays traumatisé par la déchirure et qui essaie de se reconstruire. Dans un tel environnement, la musique doit apporter sa contribution aux changements nécessaires de mentalités. On ne doit plus nous saouler avec une musique où les gens viennent montrer la taille de leurs chaussures… Garba 50 et tous les jeunes de Côte d'Ivoire vivent la réalité bien réelle de leur vie quotidienne… et ne participent d'aucun scénario. Les medias devraient faire l'économie de ces dérapages et donner les mêmes chances à tout le monde.
N'est-ce pas vous-mêmes qui avez décidé de " boycotter " les medias ?
On n'a pas vraiment choisi de ne pas se faire voir dans les medias. Ce qu'on a choisi, c'était de mettre en avant ce qui constituait pour nous le plus important : notre message. Mais on a été étonné du silence des medias et des producteurs. Or, ce que nous avons fait a été un véritable exploit et un signal fort. Des jeunes qui sortent de " Doukouré ", se produisent, se distribuent eux-mêmes et qui ont le succès que nous avons eu, devraient être encouragé et soutenu. C'était une attitude révolutionnaire. Un chemin ouvert à tous les jeunes qui veulent s'assumer. Malheureusement, des gens l'ont mal pris. Ceux qui devraient nous aider ont fermé leurs portes. Pour se donner bonne conscience, ils nous ont demandé des millions pour passer à la télévision. Alors qu'ils savaient que nous n'avions pas. C'est là, toute la raison de notre absence.
le matin d'abidjan
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